06 avril 2026, LE jour du chocolat!
Et oui, aujourd’hui c’est Pâques, synonyme de fin de semaine prolongée pour les parents et de chasse aux œufs pour les enfants!
Tellement plaisant pour les parents de cacher du chocolat pour ensuite voir leurs enfants courir partout à leur recherche, les yeux pleins de joie à chaque découverte! Pâques fait partie de la culture occidentale, c’est indéniable. Que l’on fasse grimper notre glycémie ce jour-là, pourquoi pas?
MAIS. Parce qu’il y a un MAIS.
Ce qui me perturbe, c’est que la culture occidentale a aussi oublié ce qu’est Pâques initialement. Pensez-vous vraiment que les gouvernements nous offriraient, une fois par an, un jour de congé en famille pour nous permettre de pouvoir nous goinfrer de chocolat?
Non, bien sûr que non.
J’aimerais dans cet article de quelques lignes rappeler la symbolique de Pâques. Je dis bien « symbolique » car je ne crois pas qu’il faille être de tradition chrétienne pour la comprendre et l’appliquer. Bien que moi je le suis – chrétienne – et que toute ma foi est basée sur Pâques, je ne veux pas pondre ici un discours religieux ou dogmatique mais, amener une lumière sur cette période qui, je le crois, a été capitale pour l’Humanité il y a environ 2023 ans (vous remarquerez mon superbe jeu de mots avec « pondre » un discours en parallèle à « pondre » des œufs de Pâques, hihi!).
Pourquoi célèbre-t-on la Pâques chrétienne?
Pour le peuple hébraïque, la Pâque, c’est le jour où Dieu les a libérés de l’esclavage de Pharaon en Égypte. Chaque année le peuple commémore le jour de leur liberté.
Un peu plus de mille ans plus tard, Jésus de Nazareth – un érudit juif – est crucifié par ce même peuple pour « troubles à l’ordre public », dirait-on aujourd’hui. Ce dernier se prétendant « fils de Dieu » et remettant en question l’ordre établi par les chefs religieux de sa communauté, il fut considéré comme un véritable danger public, accusé de blasphème et condamné à mort.
Il faut – je crois – beaucoup de mauvaise foi intellectuelle pour nier l’impact de cet homme à son époque et encore aujourd’hui. Sa bonté, sa générosité, son amour pour le monde, son don de soi et sa détermination à ne pas « taire » son message et ce, même face à la torture et à la mort, en inspirent encore beaucoup aujourd’hui – intellectuels, penseurs, philosophes, etc.
Maître spirituel pour certains, grand philosophe pour d’autres, véritable incarnation de la divinité pour les chrétiens, Jésus a comme qui dirait « plusieurs chapeaux ».
Quel est le message de Jésus?
Quel était son message ? AIME. Ça paraît un peu « fleur bleue » si on considère l’Amour comme un sentiment et des sensations. Or, Jésus a manifesté un tout autre Amour : l’Amour inconditionnel. Celui qui ne regarde pas les fautes de la personne mais la personne elle-même, droit dans les yeux, et qui y cherche les profondeurs de son âme. Celui qui laisse libre, qui ne dicte pas et ne force pas. L’Amour qui attend patiemment le retour à la maison de ses enfants qui ont déserté et qui, une fois de retour, ne prononce aucun mot sur le passé mais célèbre la réconciliation. Celui qui pardonne tout. Celui qui est totalement désintéressé, qui n’attend rien en retour.
On va pas se mentir, même nous, en tant que parents, on ne peut pas se vanter d’aimer de la sorte.
Jésus a démontré un Amour qui est si fort que sa seule puissance transforme le cœur des personnes. Pas de mots. Pas d’exigences. Juste l’Amour. Puis un demi-tour. Un cœur qui fait un 180 degrés.
C’est là que j’en arrive à la symbolique de Pâques.
Le dépouillement personnel au cœur de la Pâques chrétienne
Les puristes auront des choses à redire, c’est certain. Moi, je veux rendre accessible le message, alors je le dis comme cela :
Jésus de Nazareth s’est complètement dépouillé de lui-même durant ses dernières années de vie. Profondément ancré dans l’Amour de son prochain, il a vécu aux battements de son âme, luttant contre les injustices, se battant pour les opprimés – jamais avec violence, toujours en paroles et en actes. Résistance pacifique. Parce que résistance du cœur.
Jésus a exhorté ses contemporains à se défaire de leur système de croyances pour se reconnecter à la voix de leur cœur. Il les a invité à se dépouiller de leur égo, construit sur des attentes extérieures et un besoin de paraître (pare-être!). Il les a enseigné à simplement ÊTRE. À être qui ils sont réellement. Pas ce qu’ils doivent être pour obtenir un minimum d’amour, de reconnaissance et de visibilité dans leur vie. Mais être l’Être Unique qu’ils sont et que nous sommes tous. Des êtres uniques.
Je ne parle pas ici, de développement personnel, attention! Il est complètement contradictoire avec l’enseignement du Christ. Ce dernier est basé sur du « JE suis qui JE suis. JE suis comme ça, si on ne m’aime pas JE reste moi-même! J’AI plein de potentiel et JE vais devenir une personne exceptionnelle, parce ce que c’est ce que JE suis! ». Cette démarche reste très mentale et intellectuelle, alors qu’incarner l’Être unique que nous sommes, c’est se reconnecter avec notre cœur, dans lequel siège l’Amour inconditionnel, celui qui pour moi vient de Dieu, de plus grand que nous.
Incarner qui nous sommes, c’est revenir à la voix de notre conscience. Conscience qui nous habite tous. Intangible, infaillible.
La résurrection : une invitation à renaître intérieurement
Mais pour cela, il faut se dépouiller, comme l’a fait le Christ. Oser porter nos fardeaux pour pouvoir les traverser, comme il a porté la croix qui allait le tuer. Affronter la mort comme il l’a fait. La mort à soi-même en ce qui nous concerne. Et sa résurrection nous promet une chose : tout comme il est ressuscité après avoir accompli tout ce que je viens de citer, de même nous ressusciterons nous aussi en nouveauté de vie après avoir tout accompli!
La beauté de ce message, et je vous en témoigne personnellement, c’est que chaque jour nous offre le renouvellement de ce processus. Chaque jour nous avons le choix de nous défaire de notre égo démesuré pour revenir à la voix de notre conscience, à la voix du Christ qui nous permet de tout affronter. Pas de tout esquiver, non. De tout affronter et d’en ressortir à chaque fois « plus ». Plus grand, plus sage, plus fort, plus persévérant, plus confiant et plus dépendant de cette « petite voix » mais surtout, plus aimant, plus dévoué, plus désintéressé.
Parce que plus on avance, plus on chemine, plus on est « soi », c’est-à-dire l’Être unique que nous sommes, se sachant inconditionnellement aimé. Notre cœur est renouvelé, changé, transformé en ayant toujours le même objectif, qui finalement ne dépend même plus de notre volonté : AIMER.
Profondément aimés, nous aimons. Et cet Amour libère.
En terminant….
Angelus Silesius a dit « Le christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né. Il faut qu’en toi Dieu naisse. Christ serait-il né mille fois à Bethléem, s’il n’est pas né en toi, tu restes mort à jamais. »
J’ai une bonne nouvelle!
Nous avons tous la possibilité de ne pas être mort (intérieurement) à jamais et nous avons tous la possibilité de voir notre cœur ressuscité!
Bonne Pâques et chocolats à tous!
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